Bell&Ross n'a pas bonne presse auprès des amateurs, et pour cause : leur collaboration avec la marque Sinn nous a montré une marque essentiellement marketing et sans vie propre, juste un nom collé sur un cadran et qui double le prix de la montre.
Un exemple parmis d'autres : La Sinn 144 GMT Ti (pour titanium) est vendue 1245 euros, alors que la version Bell&Ross (cherchez pas c'est la même), tourne autour des 3600 euros. Ça fait cher du logo, non ?

Cela étant dit, maintenant Bell&Ross fait fabriquer des montres exclusives à la marque et il faut bien reconnaître qu'ils le font bien. Ils ont même fait travailler M. Calabrese pour une très jolie montre avec heure sautante dans un guichet central, la "Vintage 123 jumping hour" :


Mais bon, revenons à nos moutons, la Vintage 126.

C'est par elle que tout à commencé. Il y a quelque temps, quelqu'un a eu l'idée saugrenue de visiter mon appartement, et n'a pas voulu partir sans souvenirs. Parmi ses trouvailles, il y avait une jolie Baume & Mercier à quartz.
L’assureur est venu nous rendre une petite visite, et après de dures négociations, il est tombé d’accord (moi, j’étais pas d’accord) sur une somme à nous verser.

Avec cette " manne ", j’ai eu envie de remplacer ma montre, j’ai donc pris ma femme par le bras et nous nous sommes rendus au Bon Marché (à l’époque ça me semblait malin…).
Là, j’ai repéré 2 modèles de montres : le chrono BC3 de Oris, et cette fameuse Vintage 126.
Un monsieur très gentil est venu me faire essayer les deux modèles, et là, énorme surprise : j’ai découvert, grâce aux fonds transparents, que c’était des montres mécaniques ! ! !
COUP DE FOUDRE immédiat.

Après une longue discussion avec ma femme et le vendeur, je suis repartie avec la Oris : " mon chéri, écoute le monsieur quand il te dit que la différence de prix n’est pas justifiée. Et puis elle est très belle cette Oris, avec toutes ses petites aiguilles, t’en a même une de plus que sur l’autre ! ". Évidemment j’aurais dû prendre la Bell&Ross, car elle n’a pas quitté mon esprit pendant 2 ans.

Deux ans plus tard, donc, je vois cette montre passer sur Ebay avec une mise à prix de 1000 euros.
J’ai attendu le dernier jour, la dernière minute, la dernière seconde et j’ai enchéri (eh oui, personne ne l’avait fait). Voilà, la montre était mienne.
Elle est venue d’Espagne avec ses petits bagages, accompagnée par un charmant jeune homme (forcément charmant, car il assouvissait enfin ma CHI), et elle c'est retrouvée à mon poignet ennamouré aussi sec.

La voila :
D'abord, vue d'ensemble. Son design est inspiré des montres militaires. Le boîtier fait 40mm de diamètre sans la couronne, il est en acier brossé. La montre est étanche à 200 mètres (pratique pour faire la vaisselle)

À gauche une CWC Cortebert de 1974, fabriquée pour l'armée Anglaise. À droite la Vintage 126 dans sa version noire.
La ressemblance est indéniable.

 

Vue de près du cadran :

Les aiguilles sont très joliment dessinées. Il y a un vernis brillant dessus (ce qui ne se voit pas sur la photo) cela accentue le contraste avec le beige du cadran. Du coup la montre est très lisible.
Ces aiguilles sont, vaguement, de forme "glaive" (je n'ai jamais vu ces aiguilles sur une autre montre). La troteuse est très fine, très belle. Malheureusement, la peinture luminescente utilisée ne brille pas très longtemps dans le noir.
La typographie pour les chiffres semble être de l’Helvetica (ça s’imposait pour une montre suisse). Les chiffres aussi sont vernis brillant afin d'avoir un noir identique partout.
Le logo, central, très classe, et les indications "automatic, antimagnétic, 200m" équilibrent parfaitement le cadran.

La date est dans un minuscule guichet à 5 heure. Cette discrétion permet de ne pas nuire à l'ensemble (toujours ce souci d'équilibre). Évidemment, je profite de mon 10 sur 10 à chaque œil pour trouver ça parfait, on en rediscutera dans 15 ans.

Vue de profil.
On voit bien les deux aciers utilisés. La lunette est en acier poli, et le reste du boitier en acier brossé.
Les poussoirs sont aussi en acier brossé, de même que la couronne. Celle-ci est frappée du logo Bell&Ross, il est éxécuté en bas relief (on creuse autour) ce qui permet une mise en valeur grâce aux ombres. Personnellement, je trouve ce logo superbe !




La couronne de plus près.

La couronne
est vissée, ce qui augmente l'étanchéité. Il faut la tirer 1 cran pour remonter le mécanisme, 2 crans pour bouger la date et 3 crans pour la mise à l'heure. La perception de ces crans est assez délicate, une fois sur deux je change la date pour changer l'heure et inversement.

Le verre est en saphir bombé traité anti-reflet sur la face interne. Cela donne quelque reflet sous lumière directe, mais ne nuit pas à l'ensemble.
Ma montre est gravée du "F" du Figaro. C'était un cadeau d'entreprise de ce journal à ses commerciaux les plus méritants. Cela explique aussi le petit prix.

Le bracelet est en cuir (en plastique on aurait fait la gueule) et est de bonne facture. Le mien est arrivé pas mal abimé, car pas mal porté. Il est marron très foncé, presque noir, très chic. La boucle est à ardillon avec le logo Bell&Ross en relief (heureusement qu'il est beau parce qu'il est partout, ce logo).

Le fond de la montre est en verre minéral ce qui permet de voir le mouvement. Il s'agit d'un Valjoux 7750.
Le rotor est décoré côtes de genève et frappé du logo. La platine est aussi décorée (perlage) et les rubis sont dans des chatons (c'est la bague qui entoure le rubis). Il y a marqué 28 rubis, je n'ai pas compté, mais le compte doit y être.
L'impression générale est celle d'un mouvement joliment décoré et très bien fini, ce qui contraste avec la sobriété militaire du cadran. C'est un peu la cerise sur le gateau : classe et austère devant, élégant et décoré derrière.
Le rotor a un bruit très agréable et les poussoirs sont assez souples, avec un bruit assez sec quand on les pousse.
Le mouvement est parfaitement régulier, +2 secondes par jour.


Ah, les jolies côtes de Genève


Là, c'est pour les vis bleuies et les chatons

Le même mouvement, retravaillé par Chronoswiss, avec rotor squelette :

La montre vient dans une boite noire imitation cuir, spacieuse et élégante . La montre est posée sur un coussin blanc au centre. La documentation jointe est assez succincte et ressemble plus à un prospectus marketing qu'a un véritable mode d'emploi.


En résumé je dirais que c'est là une très belle montre qui, à condition de ne pas être payée au prix fort, mérite de rejoindre toutes les collections.


Photos : Jojopointcom© et www.chronometrie.com pour le Valjoux

Site officiel Bell & Ross